Méthode & contexte

Créer un projet Claude pour ton entreprise

10 août 2026 7 min de lecture

Carte du blogue Outillée : Ton projet Claude, l'espace où tu déposes ton contexte une fois pour toutes.

Je te préviens tout de suite : y’a aucun prompt magique dans cet article. Y’a une trentaine de minutes de travail à faire une seule fois, et tout ce que Claude te répond après en dépend.

Deux amies entrepreneures ont refait le design de leur infolettre avec Claude. Chacune de son bord, sans se consulter. Quand elles ont comparé leurs deux résultats, c’était le même : les mêmes blocs, la même structure, le même ton.

Elles en ont ri. Moi, j’ai trouvé ça très parlant. Claude leur avait donné sa version par défaut, celle qu’il donne à n’importe qui quand personne ne lui a dit pour qui il travaille.

Et une réponse par défaut, ça dépanne. Pour comprendre un terme, débroussailler une idée, relire un courriel avant de l’envoyer, ça fait très bien la job.

Par contre, une réponse par défaut ne ressemblera jamais à ton entreprise.

C’est là que le projet Claude entre en jeu. C’est l’endroit où tu déposes ton contexte une fois, pour qu’il soit relu au début de chaque conversation, sans que t’aies à tout recoller à chaque nouvelle demande.

Claude retient des choses à trois endroits

Avant de monter quoi que ce soit, faut savoir où l’information atterrit. Claude garde de l’information à trois endroits différents, et ce n’est pas la même personne qui décide dans chacun.

  • La conversation en cours. Claude suit tout ce qui s’est dit depuis le début du fil. Tu reviens en arrière, tu corriges, tu précises, il suit. Tu ouvres une nouvelle conversation, et tout ça disparaît. Qui décide de ce qui reste : personne.
  • Le projet. Les fichiers que t’y déposes et les instructions que t’y configures sont relus au début de chaque conversation du projet, tels que tu les as écrits. Qui décide : toi, mot pour mot.
  • La mémoire de Claude. Il retient certaines choses d’une conversation à l’autre, même en dehors d’un projet : tes préférences, ta façon de travailler, du contexte qui revient souvent. Qui décide : lui. Tu peux consulter et effacer ce qu’il a gardé, mais tu ne choisis pas ce qu’il garde.

La conclusion pratique tient en une ligne : tout ce qui compte vraiment pour ton entreprise va dans le projet. La mémoire est un bonus agréable, la conversation est un espace de travail temporaire, et ni l’une ni l’autre n’est un endroit où ranger quelque chose d’important.

Ouvrir le projet, c’est la partie facile

Dans Claude.ai, va dans la section Projets et crée un nouveau projet. Donne-lui le nom de ton entreprise. Voilà, c’est fait. Ça marche sur le plan gratuit, t’as pas besoin d’abonnement payant pour commencer.

Commence avec un seul projet, celui de ton entreprise. T’en ajouteras d’autres le jour où un mandat précis le demandera. Un établi vide, ça sert à rien : c’est ce que tu déposes dessus qui fait la différence.

Ce que tu déposes dedans

Ton projet a besoin de trois choses, et la première fait le gros du travail.

  • Ton document de marque. Le fichier central. Il rassemble ce que tu vends et à qui, ta voix et ton registre, les mots que tu emploies et ceux que tu bannis, tes catégories d’offres et ta fourchette de prix, tes plateformes, tes couleurs et tes polices, tes politiques de base, et tes interdits. C’est le premier fichier que Claude lit à chaque conversation.
  • Tes personas. Le portrait détaillé de tes types de clientes : ce qu’elles cherchent, ce qui les fait hésiter, comment elles t’ont trouvée. Ça vit dans son propre fichier, à côté du document de marque.
  • Tes chiffres, quand tu les as. Revenus, dépenses, prix de revient, objectifs. C’est ce qui permet à Claude de répondre à une question de prix avec ta réalité plutôt qu’avec une moyenne. Et si t’as pas tes chiffres sous la main, commence sans (c’est le cas de presque tout le monde). Les deux premiers fichiers fonctionnent très bien tout seuls.

Garde-les en .md, un format texte tout simple. C’est léger, Claude le lit vite, et tu le corriges sans avoir à ouvrir de logiciel.

Les interdits font plus de travail que tu penses

C’est la section qui se fait sauter le plus souvent, et ce serait la première que j’écrirais si j’avais juste cinq minutes devant moi. Ce que tu refuses guide Claude autant que ce que tu proposes.

Quatre questions suffisent :

  • Qu’est-ce que tu ne fais jamais dans ta communication?
  • Quelles formulations te font grincer des dents?
  • Quels angles marketing tu refuses?
  • Quels sujets ou quelles associations tu évites avec ta marque?

Écris-les dans tes mots à toi. « Je ne fais jamais de comptes à rebours artificiels ni de fausses pénuries » travaille bien plus fort qu’une consigne polie et vague.

Les instructions de projet fixent les règles de la maison

Ton document de marque décrit ton univers. Les instructions de projet, elles, disent à Claude comment se comporter dedans. Deux choses différentes, et les deux comptent.

Dans les paramètres de ton projet, repère la section « Instructions de projet ». Quelques lignes suffisent :

Tu travailles pour [nom de ton entreprise], [ce que tu fais, en une ligne].
Tu trouveras dans les fichiers de ce projet mon document de marque et mes personas.

Dans toutes tes réponses : reprends le ton décrit dans le document de marque,
écris au tu en t'adressant à mes clientes, et ne propose jamais rien qui
contredit mes interdits.

Si tu n'es pas certain de quelque chose sur mon entreprise, demande-le-moi
avant de supposer.

Cette dernière ligne est celle que je remercie le plus souvent. Elle transforme une supposition plausible en question, et une question, ça se corrige avant que le texte soit écrit.

Le test qui te dit si ça marche

Ouvre une nouvelle conversation dans ton projet et demande une vraie tâche de ta semaine. La description de ton offre que t’as déjà réécrite trois fois. Le courriel à la cliente insatisfaite. Les six titres possibles pour ta page de vente. Le texte de ta page « à propos », celui que tu repousses depuis des mois. La publication qui doit sortir demain matin. La réponse au commentaire qui t’a fait refermer ton téléphone.

Lis le résultat à voix haute. Si ça sonne comme toi, ton établi est monté.

Si quelque chose accroche, nomme précisément ce qui accroche, puis corrige le fichier concerné. « C’est tout croche » ne mène nulle part. « Le ton devient trop vendeur dans le deuxième paragraphe » se règle en une minute. C’est de l’itération, et savoir nommer ce qui cloche, c’est la compétence qui compte.

Un établi, ça se replace de temps en temps

Ton projet vieillit. Tes prix changent, ton offre grandit, ton positionnement s’affine, et Claude continue de travailler avec ce que tu lui as donné la dernière fois. Sans te le dire, parce qu’il n’a aucun moyen de savoir que quelque chose a bougé.

Deux moments valent la peine de rouvrir le document : quand tu sors une nouvelle offre ou une nouvelle collection, et quand tu changes d’angle. Tu corriges, tu remplaces l’ancien fichier par le nouveau dans le projet, et c’est réglé dès la conversation suivante. Ça prend rarement plus que le temps d’un café.

Et un réflexe à prendre : chaque fois que tu remarques que Claude a supposé quelque chose d’inexact sur ton entreprise, note-le. Il vient de te dire quoi ajouter.

Si tu fais juste une chose

Ouvre un projet, donne-lui le nom de ton entreprise, et écris trois phrases dedans. Qui tu es. Ce que tu vends. Une affaire que tu ne feras jamais.

Trois phrases, c’est déjà pas mal plus que ce que Claude sait de toi aujourd’hui.


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